jeudi 14 juin 2018

Initiation

Histoire vraie

Je me souviens qu’étant jeune, j’avais mon petit établi dans ma chambre, comme le bateleur du tarot et je collectionnais des mots dans des boîtes. C’était une sorte de base de données pratique et pragmatique. Je pense que j’étais un peu cinglé, mais comme je ne faisais de mal à personne, je n’ai pas été interné.

Par exemple : j’avais soigneusement copié les injures du capitaine Haddock et elles figuraient dans l’une de ces fameuses boîtes.


Sans être un bricoleur dans l’âme, j’aimais mon établi et j’avais envie de créer, mais je n’étais pas du tout manuel, malgré l’envie qui me poussait à faire des tas de choses.


Ma seule véritable affinité était la musique. J’ai essayé tout les instruments et c’est en découvrant que je n’avais absolument pas le sens du rythme – contrairement à mon oreille musicale, que j’ai décidé de devenir percussionniste.
Je n’étais pas fait pour les affaires, alors j’ai décidé d’aller en option commerciale pour mes dernières années d’école obligatoire.
Je n’étais pas manuel, alors j’ai décidé d’aller dans une école de mécanique pour y faire un apprentissage.
Toujours craintif et chétif, j’ai décidé d’aller dans le domaine de la boxe.
En fait j’ai toujours suivi un chemin à contre-sens de ma nature.


Comme le bateleur, j’ai suivi la voie de celui qui agit là où "le bât te leurre". C’est une sorte de batteur qui bat l’heure à l’envers. Il est tourné vers le passé et cherche son inspiration dans le jeu.


J’ai toujours pensé que je n’étais pas normal.
Mes amis me paraissaient normaux et je croyais que j’étais un peu fou.
Maintenant je m’aperçois que j’étais simplement un peu retardé, car trop lent d’esprit.
Cette lenteur m’a donné l’avantage de voir des choses que mes amis ne pouvaient pas voir.
J’étais un vrai rêveur, car mes amis m’appelaient le roi du sommeil.
Plus tard, on m’appelait le gourou, car je faisais du yoga.


Maintenant, tout cela est très loin et je souffre un peu d’être normal, conforme comme un citoyen bobo, mais je me soigne.


La folie m’intéresse, la prison m’intéresse et la mort aussi.


Ceci dit, j’ai quand même envie de vivre et d’être libre et je crois quand même que je suis lucide, mais le monde ordinaire me semble un peu fade.


Grâce au bateleur l’œuvre peut commencer avec les éléments de base et c’est la vie qui me guide sur mon chemin.



bateleur


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